La loi est dure mais c'est la loi, que l'on transgresse à foison,
Plus elle est dure et plus l'on doit ouvrir de prisons,
Pas pour avoir de plus grandes cages, mais pour mettre plus de monde dedans,
Le peuple est potentiellement fait d'effroyables délinquants.
Faut pas confondre force de l'ordre avec gardien de la paix,
plus question de vouloir mordre, le fruit défendu par décret.
Car on embauche à tour de bras, aux établissements Poulaga,
faudra pas faire un pet de travers car les fins limiers ont du flair.
Faut réprimer mais pas instruire pour faire marcher à la baguette,
le petit peuple qui peut subir longtemps avant de relever la tête,
pour voir qu'au dessus de lui, on sait être bien plus tolérant,
quand les délits sont pratiqués par des voyous en cols blancs.
La criminalisation, c'est l'arme de la nouvelle bourgeoisie,
pour maintenir la pression, pour que le prolo reste soumis.
Précariser pour rendre docile c'est accepter l'exploitation,
c'est pas la rue qui gouverne, c'est elle qui sombre dans l'exclusion.
L'avenir appartient aux patrons qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt,
Jusqu'à ce qu'une jolie transaction les mettent tous sur le carreau,
Pour une délocalisation juteuse au sein de l'Europe des industries,
Le rêve de Jaurès est devenu une belle hypocrisie.
C'était un rêve, une utopie, dans lequel la société,
Faisait en sorte de rétablir entre les hommes l'égalité.
Le lutte des classes et devenue aujourd'hui une guerilla
Psychologique et sauvage, tombent un à un les petits soldats.