degadezoo

« Chanson violente et révoltée, susceptible de mettre à rude épreuve la santé mentale de l'auditeur, aménagée en conséquence par des plages relaxantes, afin d'éviter le « nervous breakdown », comme on dit de nos jours. »

(Frémy - Legrand)

La loi est dure mais c'est la loi, que l'on transgresse à foison,
Plus elle est dure et plus l'on doit ouvrir de prisons,
Pas pour avoir de plus grandes cages, mais pour mettre plus de monde dedans,
Le peuple est potentiellement fait d'effroyables délinquants.

Faut pas confondre force de l'ordre avec gardien de la paix,
plus question de vouloir mordre, le fruit défendu par décret.
Car on embauche à tour de bras, aux établissements Poulaga,
faudra pas faire un pet de travers car les fins limiers ont du flair.

Je t'envoie cette carte postale pour quelques nouvelles du pays,
Ici le temps est magnifique : soleil, ciel bleu et bain de minuit.
J'espère que tout va bien pour toit, embrasse ta femme et tes enfants,
Je pense à toi et sur le sable, le temps s'écoule paisiblement.

Faut réprimer mais pas instruire pour faire marcher à la baguette,
le petit peuple qui peut subir longtemps avant de relever la tête,
pour voir qu'au dessus de lui, on sait être bien plus tolérant,
quand les délits sont pratiqués par des voyous en cols blancs.

La criminalisation, c'est l'arme de la nouvelle bourgeoisie,
pour maintenir la pression, pour que le prolo reste soumis.
Précariser pour rendre docile c'est accepter l'exploitation,
c'est pas la rue qui gouverne, c'est elle qui sombre dans l'exclusion.

Ce matin en me réveillant, j'ai vu sauter un dauphin.
Depuis la fenêtre de ma chambre, je vois l'océan au loin.
Mon bateau a des voiles blanches et m'emmène pécher au large,
Hier j'ai plongé dans le lagon pour ramener des coquillages.

L'avenir appartient aux patrons qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt,
Jusqu'à ce qu'une jolie transaction les mettent tous sur le carreau,
Pour une délocalisation juteuse au sein de l'Europe des industries,
Le rêve de Jaurès est devenu une belle hypocrisie.

C'était un rêve, une utopie, dans lequel la société,
Faisait en sorte de rétablir entre les hommes l'égalité.
Le lutte des classes et devenue aujourd'hui une guerilla
Psychologique et sauvage, tombent un à un les petits soldats.

La montagne s'étend jusque dans la mer, d'ici on peut presque la toucher.
Je reste à l'ombre une heure entière a regarder une fourmi sur mon pied.
L'olivier tend une branche parfaite pour mon hamac,
Un lézard court sur la pierre, dans mon verre j'entends un glaçon qui craque.