Je cherche pas vraiment de travail,
un salaire ça m'irait très bien,
ou juste une couverture, un coussin.
Un bout de carton bien sec
pour remplacer mon toit,
qui prend l'eau toutes les nuits,
Depuis qu'ils ont mis
du grillage à l'entrée du local.
Maintenant je passe mes nuits à la belle étoile.
Ils sont venus déjà hier soir
me mettre en garde.
Comme si je savais pas ce que c'est qu'un hiver!
J'ai pas peur du froid
et je suis bien couvert
et j'ai des munitions
contre les courants d'air.
Faut bien avouer que c'est du brutal,
Ce que je m'envoie sous le képi à la belle étoile.
Ce qui tue les pauvres c'est pas le froid,
ce qui nous tue c'est la misère,
faudrait pas se tromper d'adversaire.
Je suis tombé en marche
d'un train qui s'est fait la malle,
sur une voie libérale
j'ai arrêté de lutter.
J'irai pas au samu social,
Je suis chez moi je reste ici à la belle étoile.
Y'a du chaud qui s'envole
au bout de ma cigarette
que je fume dans le noir en cachette.
De leurs fenêtres de l'autre coté,
ils verront palpiter
la lueur incandescente
de ma clope tremblante.
C'est la dernière bouffée que j'avale,
Elle s'éteint dans la nuit à la belle étoile.
Pendant que les fenêtres s'éteignent
aux appartements d'en face,
je disparais doucement je m'efface.
Mais je laisse pour mon chien
une place sous les cartons,
faudra bien que je tienne bon,
qui voudrait s'en occuper.
Ça me foutrait un sacré coup au moral
de le laisser seul ici à la belle étoile.