Alors autant céder, plonger les doigts dans la plaie,
Retirer les armures, puisqu'elles seront brisées,
Quand toutes les lames, seront émoussées,
Usées par les chairs des guerriers entaillées.
Faut que ça tranche, qu'il y ait du sang sur les planches,
Faut des têtes dans des paniers et du public pour les voir tomber.
Des gladiateurs dans les arènes pour amuser les galeries,
Les spectateurs veulent de la haine, de la fureur et du bruit.
Y'en aura encore des coups, des bleus, des hématomes,
Des clous pour crucifier, des dictats, et des dogmes,
Des chambres de torture pour des causes humanitaires,
Et des livres d'histoire écrits par des tortionnaires.
Dans toutes les rues, toutes les maisons, tous les appartements,
Verrouillés par la peur de l'avenir et du présent,
Les citoyens angoissés, devant leur journal en images,
Se demandent qui va les sauver des hordes vues dans les reportages.