degadezoo

Sardines

(Frémy - Frémy - Degadezoo)

Renversé. Renversées sataniques, des citernes d'eau bénite,
Sortie des yeux rougis, dans lesquels je baignais
En statue pétrifiée des thermes de Pompéi.
J'en restais médusé, quand la mer m'engloutit.

Retourné. Voulant prendre les voiles, elle m'a pris pour un porc
Et largué les amarres de mon ile aux trésors.
Jouant les sirènes, elle m'a harponné,
Trainés vers les récifs, les restes de mon esquif.

Au bout du voyage, Argos balisait, qu'un autre que son maitre ne veuille lui passer un collier.
Dans la foule Homérique de ses prétendants, un Ulysse anonyme était bien là pourtant.

Odyssée. J'abordais le voyage avec résignation.
Délaissant les guitares électroacoustiques,
Mes doigts se prenaient pour des anguilles électriques
S'enroulant sur son corps en queue de poisson.

Chevauchée. Pinçant les cordes de son instrument sa harpe au nez,
Me berçait doucement sur un hippocampe,
A la belle étoile, aquatique randonnée
Aux écailles du cheval...marin.

C'est alors que dans l'onde, de la tête je cognais le cuivre verdi d'un scaphandrier
Venu me tirer des effluves phéromonales de la belle encaillée d'une faim cannibale.

Digéré. Des restes consumés de six clopes écrasées,
En vieux mégots mouillés gisaient les yeux crevés,
Ulysse a refait le coup de l'œil d'"Un Chien Andalou".
Penelope n'eut depuis d'yeux que pour lui.

Et la belle dévoreuse, élevée sous la mer relacha sa victime dans un cri de colère,
Et depuis j'imagine au fond de ma cuisine trouver un cheveux blond, dans une boite de sardines.